Fais voir ta cordillère

21 août 2013

QUEL MERVEILLEUX CONTINENT

C’est indéniable, ce rêve sud-américain que je cultive depuis maintenant de nombreuses années est la région du monde qui me correspond le mieux. De plus, c’est aujourd’hui un monde que nous pouvons partager ensemble et nous nous surprenons souvent avec Sev à imaginer notre vie ici ou là, quelque part sur ce continent qui aujourd’hui signifie beaucoup pour nous deux.

Difficile à expliquer mais c’est tout un univers, depuis le Mexique proche géographiquement mais surtout lié économiquement au géant américain affichant les traits les plus occidentalisés de l’hémisphère Nord jusqu’à une Patagonie craquelée qui pointe droit au sud vers la surface de glace la plus étendue de notre planète.

Ce continent est riche de plusieurs manières. Une longue distance du Nord au Sud vous permet, d’un côté ou de l’autre de la Cordillère des Andes, d’observer des climats variés puis de caresser une végétation luxuriante. Les marins peuvent s’en donner à cœur joie, les randonneurs ont besoin de deux éternités, les historiens ne cessent d’enrichir leurs connaissances à raison de sites encore inconnus et de traditions ancestrales, les amoureux de la culture se noient dans une intense diversité artistique et pour ce qui est des voyageurs … Ils viennent, s’imprègnent et reviennent.

On aura tout entendu des différentes nations qui composent ce continent aux airs d’une Afrique qui aurait été retournée vers l’Est et dont on serait venu étirer la pointe sud à la manière d’un souffleur de verre. Il est vrai que l’histoire est riche en événement en ces lieux peuplés à l’origine d’indigènes vivant en communion avec la nature. Un très ancien et très riche mélange ethnique marié à jamais avec la Pachamama (comprendre ici « dame nature »), les rites et coutumes ayant voyagé au travers des civilisations Mayas, Aztèques et Incas, l’édification d’immenses monuments nous permettant d’admirer encore aujourd’hui les vestiges des communautés ayant habité aux quatre coins de ce « nouveau monde », la colonisation assoiffée de trésors et d’esclaves pour étendre ses empires, les combats révolutionnaires pour la création d’états indépendants, la découverte des sols riches en minéraux et métaux précieux entraînant des évolutions économiques à grande échelle, les dictatures militaires ravageant presque toutes en même temps ce merveilleux continent …

Ici viennent s’opposer les stratégies paramilitaires qui nourrissent la terreur face aux mouvements populaires demandant des comptes aux plus hautes institutions d’état, les fondements démocratiques et les politiques sociales face à la grande corruption et la vente aux enchères des richesses nationales, les influences occidentales parfaitement incontrôlées face la volonté de protéger un patrimoine culturel inestimable, une tenue légère sous la lumière des sables blancs brésiliens face à une carapace composée d’autant de vêtements disponibles pour ne pas mourir sous le froid Andin, l’envie de quitter sa terre pour les destinations dites « développées » face au besoin essentiel de participer à l’évolution de son propre pays, les boissons issues de la canne à sucre face à celles qui proviennent de la culture du maïs, les fruits et légumes aux couleurs éclatantes remplis de jus savoureux issus de généreux climats face aux riz blanc accompagné d’un morceau de viande pauvre en goût et réchauffé de ces longues heures passées trop près des huiles de friture, la rumba colombienne et ses rythmes endiablés qui font transpirer les danseurs de salsa vêtus de paillettes face aux chorégraphies boliviennes marquées d’un sens inouï de la répétition durant lesquelles les costumes traditionnels pareils à des armures vous empêchent toute fantaisie …  

Nos cinq sens auront été gâtés durant ces quelques mois … Toutes ces collections d’objets en or au musée de Bogotá, les têtes sculptées qui surgissent des murs du temple de Chavin de Huantar, la vie sous-marine de la mer des Caraïbes, la brume qui vient glisser sur les pierres du site de Choquequirao, les graffitis de ma bien-aimée Valparaiso, les merveilleux oiseaux « Serere » en pleine forêt amazonienne, le soleil se levant à plus de 6 400 mètres d’altitude, les couleurs vives de ces lacs aux eaux chargées en minéraux et autres sulfates, les portails en bois dont les charnières sont faites  avec de vieilles semelles clouées, les fameuses « Vizchacas » (lapin des Andes) qui vous fixent puis s’échappent en sautillant à travers les rochers, le grondement des canyons les plus profonds au monde, les spécialités culinaires qui auront intrigué nos papilles depuis la saveur inconnue d’un fruit tropical jusque la texture nouvelle de certains légumes, la douceur et l’abondance des laines de Lama et d’Alpaca …  

Ceux qui ont eu l’occasion de voyager quelques semaines ou plus si affinités, sur ce continent auront leur mot à dire et il nous faut impérativement admettre que l’expérience de chacun est différente de celle du voisin. Mais néanmoins, je ne lâcherai rien de mon enthousiasme. C’est ici que bien souvent les gens vous abordent, vous interpellent par curiosité, vous parlent de leur ville ou de leur famille, vous interrogent sur votre présence dans la région, vous questionnent sur ce que vous pensez de leur pays. La langue est quasiment unique sur plus de 20 pays, c’est le genre d’avantage qui n’existe nulle part ailleurs au monde. On peut qualifier les rapports humains de « calliente » ce qui signifie « chaud ». J’entends par là une certaine vigueur dans les échanges, un genre de sens tactile de la communication car il n’est pas surprenant de poser une main sur le bras ou l’épaule de son interlocuteur, de se parler en se tenant la main. Et même si nous sommes parfois tenus à l’écart de tous cela, il est indéniable que les gens échangent en permanence. Ils y vont de leur point de vue et affichent leurs opinions, argumentent et veulent démontrer le pourquoi de leurs idées. Dans ce mélange incessant de toutes les conversations, je me sens évidemment au mieux de ma forme.

Tout n’est pas rose et fort heureusement. Combien de fois avons-nous intérieurement hurlé : « Mais laissez-nous tranquille ». Lorsque l’on vous aborde pour la 15ème fois de la journée, à même le trottoir et à toute heure de la journée pour que vous veniez manger dans un restaurant plutôt qu’un autre, il peut devenir difficile de garder son calme ou de rester aimable et courtois. Lorsque certains ne respectent plus rien et que chacun écoute sa propre musique dans le bus, que les uns téléphonent au cinéma pendant que les autres jettent leurs ordures par la première fenêtre, que l’on vous passe devant tous les jours dans les files d’attente … Il y a de quoi s’énerver pour de bon et exiger un peu plus de civisme. Cependant, les difficultés rencontrées ne sont pas les mêmes dans l’hémisphère sud. Manger par exemple, reste la première nécessité bien avant de s’interroger sur les comportements citoyens !!! J’ai tout de même l’impression que dans une certaine mesure, « nos pays » souffrent des mêmes maux en ce qui concerne les attitudes qui nuisent à la vie en société. Les différences relèvent plus d’une dimension culturelle, les comportements me semblent être semblables et viennent essentiellement d’un manque d’éducation que l’on peut observer n’importe où dans le monde.

Les pays latino-américains sont quoiqu’il en soit des destinations « ouvertes ». A en juger par un tourisme de masse qui ne ralentit pas, une langue aux origines latines donc proche de la nôtre et une politique des frontières relativement flexible, je considère qu’il est plus facile qu’ailleurs de voyager ici. De toute manière, ce qui est ressenti à l’intérieur reste le plus souvent difficile à exprimer, prends toujours le dessus et nous oriente naturellement vers une région du monde plutôt qu’une autre. Il y a de belles choses absolument partout et nous cherchons tous des expériences différentes, nous avons un gigantesque terrain de jeu pour assouvir nos besoins de découverte alors tout en protégeant ce monde merveilleux, allons à la rencontre de notre propre curiosité et partageons ensemble ces grandes aventures.

Toutes les anecdotes qui seront au fur et à mesure devenus des souvenirs inoubliables et marquants de notre voyage, nous nous les remémorons régulièrement. Comment oublier ces chauffeurs de bus qui oublient de vous indiquer où descendre et donc vous obligent à reprendre un transport pour revenir sur vos pas, cette fois où nous avons fini avec quelques centimes dans les mains et obligés de réfléchir chaque petite dépense parce qu’il n’y avait aucun distributeur avant plusieurs jours, toutes ces indications parfaitement contraires qui vous rendent fous … Je me souviens lorsque Séverine décida de ramasser toutes les ordures sur notre chemin, nous revenions du site de Kuelap et il fallait voir à quelle vitesse notre sac plastique s’est rempli de tous ces emballages jetés par terre. C’était également très drôle sur la place d’un petit village de voir les gens s’inquiéter de nous savoir dormir dehors dans une tente et de les voir revenir le lendemain matin comme pour vérifier si nous n’étions pas morts de froid.

Des moments de solitude parce que vous n’êtes jamais vraiment préparés à ce que la situation puisse totalement vous échapper et puis des instants profondément émouvants, d’autres beaucoup plus tristes qui vous amènent à réfléchir de la manière la plus sincère qui soit à ce que vous voulez faire de votre vie, ce que vous y cherchez et comment vous vous imaginez grandir. Ce sont tous ces renversements qui font aussi le voyage et qui laissent en vous des traces indélébiles. Je ne peux résister à l’envie de reprendre la citation que ma chère cousine et fidèle lectrice Alex a écrite sur notre blog et qui appartient à l’écrivain aventurier Nicolas Bouvier dans son livre - L'usage du monde :

 

« Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu'au jour où, pas trop sûr de soi, on s'en va pour de bon. Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait ».

 

C’est tellement vrai, c’est infaillible, l’idéal pour apprendre sur soi et se connaître encore d’avantage. J’ajouterai pour mon cas personnel et après de longs voyages en solitaire qu’il n’y eut rien de plus efficace pour savoir si Oui ou Non, je souhaitais passer une vie entière avec la même personne.

L’Amérique du Sud ou le continent de toutes les opportunités. On ne pourrait tout raconter et très souvent, il est impératif de le vivre entièrement alors voici ma seule et unique recommandation : Foncez !!!

Nous prenons l’avion dans quelques heures et pensons déjà au meilleur moyen de réaliser nos prochains grands rêves de voyage et d’aventure …

Hasta Luego

Piwi

 

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19 août 2013

NOTRE VOYAGE EN CHIFFRES

(Vous allez voir qu’on a du temps à tuer pendant les heures de voyage !!)

-          200 jours tout pile !

-          7 plongées chacun

-          2 ascensions à plus de 6000 mètres

-          2 locations de 4x4

-          1 trajet en train et 54 trajets de bus

-          2 trajets en avionetta

-          8 savons et 14 lessives

-          20 kilos de cadeaux

-          26 000m de dénivelés positifs

-          84,4 Go de photos et de vidéos

-          2 îles

-          douches froides : impossible à calculer

-          1,15 litres de crème solaire

-          22 hostals différents, mais qu’1 seul au Chili

-          21 nuits de camping et 14 nuits en refuge

-          1 seule plaque de bon chocolat

-          2 Burger King

-          poulet/riz : trop !

-          1 jour maquillée

-          1 chemise portée 4 fois

-          1 chute

-          1 allergie

-          Bouteilles de plastiques : beaucoup trop !

-          Litres de bière : impossible à calculer

-          6 Bouteilles de vin

-          4 séances de cinéma

-          23 musées et sites archéologiques, dont la moitié au Pérou

-          20 parcs naturels

-          2 appareils photo, 1 caméra et 1 ordi

-          9 kilos perdus, mais qui et combien ???

-          235 parties de yam

-          526 parties de démineur, juste en Colombie

-          4 pays

-          Les 3 plus hautes capitales au monde

-          Piqûres de moustiques : une centaine

-          2 sacs de couchage jusqu’à – 10 degrés

-          12 livres

-          4 boules quiesc

-          Nombre de bains = 0

-          10 naissances et 4 copines enceintes

-          92 leçons d’assimil espagnol

-          29 billets de blog et 190 commentaires sur le blog (merci Louloune !)

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TAGANGA

Bon, on est en vacances ou quoi ??!!

Nos posons nos valises à Taganga, parfait QG pour profiter des plages, de la plongée et des spots environnants. Nous dormirons au total une dizaine de nuits à la Villa Mary, hostal où l’on se sent comme chez nous grâce à une grande cuisine, une grande table à manger en bois, des hamacs et peu d’occupants. Tout se profile pour que l’on passe 2 semaines « tranquilou ».

Finalement, nous rencontrons Alan et Claudia, 2 français dans le même hostal, et les 2 semaines deviendront « vraiment peinardes » ! Alan et Claudia sont expatriés depuis plusieurs années entre l’Inde, le Srilanka, le Japon, le Chili et bientôt le Canada. En ce moment ce couple de « Boloss’ » est en vacances, et ils savent ce que veut dire le mot « vacances » !

Copie de Copie de P1050997

 

Piwi est impatient de faire de la plongée. Le site est réputé et les plongées peu chères.  Et moi, je fais quoi ? Je me dore la pilule à chaque fois que je pars en vacances avec mon chéri ? Trop peu pour moi. Je me lance dans le diplôme de plongée, le PADI. 6 immersions, 4 heures de cours en vidéo, un bouquin à lire. Au bout de 3 jours, je suis diplômée ! Ce qui est chic, c’est que nous sommes sur le même bateau, et le dernier jour, nous plongeons même ensemble en « keuple ». Ce ne sont pas les plus belles plongées de sa vie, mais Piwi se fait plaisir. De mon côté, j’ai vu mieux en snorkelling dans certains pays, mais j’évolue dans un nouvel univers. J’apprends à maîtriser ma peur, à contrôler le matériel technique et à me mouvoir doucement grâce à la respiration.

Copie de 16

 

C’est une bonne surprise ce PADI. On va plus loin en se payant une plongée nocturne. Ouuh, il fait tout noir. On évolue avec une lampe torche chacun. Les crustacés sortent de leur cachette pour la chasse, on verra notamment un homard. Les poissons dorment sans bouger, c’est drôle. On voit du plancton lumineux. Un peu perdue, je ne reconnais pas grand monde, et je suis un autre groupe. Piwi est flippé et ne fait que chercher du regard sa débutante. C’est mignon !

Copie de 24

 

On passe notre temps à cuisiner, à se faire des jus, à faire la sieste. On reporte plusieurs fois notre départ tellement on se sent bien dans notre petit paradis de la Villa Mary à Taganga. Aujourd’hui, c’est sûr, on décolle. On laisse la majorité de nos affaires à l’hostal et on part pour 3 jours sur Minca. Minca est un village dans la forêt, en hauteur dans la sierra. On a droit à de très beaux couchers de soleil avec vue sur Taganga. On passera 3 jours à faire des petites marches, en finissant soit à une cascade, soit à des petites piscines naturelles dans les rapides. Un peu de changement et de fraicheur, c’est top !

  

Copie de Copie de P1060016

 

De retour à Taganga, nos amis français n’ont pas bougé ; et ils nous proposent de ce pas de partir ensemble triper quelques jours. On commence par Palomino, petit village aux rues en terre et avec une plage très sauvage. Il est dangereux de se baigner tellement il y a de courants. On passe de bonnes soirées à jouer au UNO. Alan n’arrête pas de solliciter Piwi pour se refaire une soirée à l’Aguardiente, l’alcool classique de Colombie. En effet, une soirée à Taganga a dérapé comme on les aime et Piwi a fini en se roulant par terre, à sauter dans les vagues ou encore à faire des câlins à des chiens !! On loue des bouées (des chambres à air de tracteur gonflées) et on essaye le rio du coin. Déçus, il n’y avait aucun rapide ! Mais on profite au calme des paysages.

Copie de Copie de P1060061

 

Nous arrivons à l’entrée du parc Tayrona, le plus beau parc du pays. Nous avons fait toutes nos courses avant car c’est hyper cher à l’intérieur. J’adore, ils sont au taquet de l’environnement. Ici, il est impossible de ramener des sacs plastiques, et ils sensibilisent énormément sur les déchets. On commence par une marche d’1 heure 30 jusqu’à nos hamacs. On y dormira 2 nuits, pas les meilleures de notre vie, mais ça change ! Le parc est vraiment superbe : des plages sauvages, l’eau turquoise (quand ce n’est pas nuageux), des cocotiers et surtout pleins d’animaux : des crabes rouges, des crabes bleus, un putois, des singes, des big araignées, des pélicans, des lézards verts fluo, ...

Copie de Copie de P1060182

 

On laisse Claudia se prendre des coups de soleil et on part à 3 dans la montagne jusqu’au « pueblito ». La route est vraiment ardue, on gravit un chemin bien pentu de grosses pierres, mais super joli. Alan crache ses clopes. Surprise, les ruines de cet ancien village d’indigènes est en très bon état. Ils étaient 2000 à y habiter. On voit très bien les places principales, les escaliers et les rues principales en pierre. Ça valait les 3 heures de rando. On fait les fonds de nos poches pour se payer quelques bières ou boissons rafraichissantes et c’est déjà l’heure de rentrer à Taganga.

Copie de Copie de P1060141

C’est là que nos chemins se séparent. Les Boloss’ s’envolent bientôt pour leur nouvelle vie au Québec ; on se fait aucun souci pour eux, vu leurs compétences et leur débrouillardise. Nous, nous continuons notre route vers l’Est. Irons-nous à la presque-île de Guajira, le point le plus au Nord de toute l’Amérique du Sud ??

 

Sev

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15 août 2013

CARTAGENA

Destination Plage atteinte !! Youhou !!

Dès notre arrivée dans le vieux quartier de Carthagène, nous sommes émerveillés par ses ruelles colorées, ses balcons fleuris et son ambiance coloniale. Nous nous trouvons un hostal dans le quartier Jetsemani, non loin d’une place où nous passerons toutes nos soirées ! Tout le quartier a l’habitude de s’y retrouver assis sur des bancs face à l’église. On aura plaisir à siroter des bières fraiches tout en tchatchant.

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Il fait chaud. Nous prenons 2 ou 3 douches par jour. Une fois nous pique-niquerons même dans la galerie commerciale pour profiter de l’air frais ! Le ciel est plutôt blanc, et il y a souvent des averses courtes dans l’après-midi. A peine mouillés, nous fuyions déjà la chaleur ! Mais on ne s’en plaint pas, c’est ce que nous recherchions !

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Nous passons 4 jours à déambuler dans la vieille et belle Carthagène. Carthagène fut une des premières villes des conquistadors espagnols, ils ont vite compris sa position stratégique et l’ont rapidement fortifiée. On y trouve donc des remparts, ainsi qu’un fort en hauteur. Nous la visitons en large et en travers, de nuit comme de jour, de l’extérieur des remparts comme dans les sous-terrains du fort. Elle est magnifique et l’on s’y sent bien.

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Carthagène fut un grand port négrier. En effet, il servait aux espagnols de lieu intermédiaire entre l’Afrique et l’Amérique du Nord. De nombreux esclaves noirs furent également utilisés en Amérique du Sud. En Colombie, c’est flagrant et cela a contribué à une mixité incroyable. C’est bête mais on ne voyait quasiment plus de blacks au Chili, Bolivie et Pérou ; et ça fait du bien de les retrouver !

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On tente par nous-mêmes d’aller à la fameuse « plage blanche ». La majorité des touristes y accèdent par un tour en bateau. Nous nous prenons le bus public, puis un ferry, puis une moto-taxi… et cela nous revient au même prix !!! Grrr. Et bien le retour ce sera en bateau avec tous les touristes !! Il faut savoir que l’essence est super chère ici. Bizarre… ils ont du pétrole dans leur sous-sol… Mais … pas de raffinerie ! Donc ils exportent leur pétrole brut mais importent leur essence raffinée ! Un comble ! On en fera les frais dans tous nos déplacements en bus malheureusement.

Nous sommes super contents d’avoir atteint la côte caraïbe, ses plages et sa chaleur. Nous décidons d’y passer 3 semaines, afin de recharger les batteries. A nous les coups de soleil, les moustiques et la canicule !!

Sev

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07 août 2013

DIRECTION COLOMBIE

Il est clair que la Colombie est le pays le plus attendu de notre voyage. D’1, parce qu’on nous l’a largement conseillé, et de 2 parce qu’à ce stade du voyage on a envie de dépaysement, d’autre chose que des pays andins.

Mais que connaît-on de la Colombie ? Evidemment, sa mauvaise réputation ! La cocaïne, Pablo Escobar, les FARCs, la capture d’Ingrid Betancourt, Bogota et les grandes villes dangereuses. Et bien, sachez que cela a bien changé. En tant que touriste, on peut tout à fait visiter le pays sans danger. Il faut être vigilant mais c’est du bon sens : éviter les zones militarisées, éviter de sortir la nuit dans les grandes villes, éviter de prendre des drogues dans la rue, … Cette mauvaise réputation occulte les qualités extraordinaires de ce pays : la diversité de ses paysages et la sympathie de ses habitants. Accrochez votre ceinture, embarquement immédiat pour la Colombie à bord de Piwi&Sev BusCompany.

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Nous arrivons par le Sud, par l’Equateur. Le premier stop sera le site archéologique de San Agustin. Dès les premières heures, on ressent le dépaysement : paysages verdoyants, des bananiers, de la canne à sucre, les gens nous aident sans qu’on leur demande, musique omniprésente, sourires sur les visages, enfin des blacks. Contraste avec les pays andins. Après des heures et des heures de bus, nous arrivons à San Agustin, dans un village très charmant. A l’hostal, ils nous offrent le café et des bananes ; au marché on nous fait goûter des produits gratuitement. Contraste. Je sens que je vais tomber amoureuse de ce pays ! Le site archéologique est classé Patrimoine Mondial de l’UNESCO (encore !), et il peut ! Nous déambulons dans une forêt, avec quelques clairières crées par les indigènes pour y placer leurs tombeaux et leurs statues.  Les statues sont très nombreuses et en très très bon état. Les archéologues ont fait un super boulot. Nous découvrons également une nouvelle météo : chaleur, mais également pluie quasi toutes les après-midi.

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On enchaîne sur Cali, grande ville réputée pour sa Salsa. Cette ville fera office de pause, car nous sommes très fatigués. Là nos goûts diffèrent. Piwi a aimé le vieux quartier San Antonio et le centre-ville réaménagé. Moi j’y ai découvert une ville très moderne (réseau de bus, immeubles, énormes centres commerciaux) mais qui subit l’exode rural sans savoir y faire face, un coût de la vie élevé (prix des hôtels et des taxis, mais pas de la nourriture) et une nation trèèès catholiques (je n’ai rien contre eux bien sûr, mais je n’aime pas vraiment me faire convertir par 4 courants différents en à peine 2 heures…)

Nous continuons notre remontée vers la zone du café. Humm le bon café Colombien ! Nous nous arrêtons dans le petit village de Salento, qui se trouve dans le triangle d’or,1% du territoire où se cultive la majorité de la production colombienne, soit la 2ème
au monde
. Ce village est trop mignon
. Colonial, les devantures des magasins sont peintes de toutes les couleurs. Touristique, nous optons pour un hébergement en dehors du village à 45 minutes à pied.

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 Nous sommes hébergés à la Finca de Don Elias. Sa famille est super accueillante, ils prennent beaucoup de plaisir à nous parler de leur vie de caféiers, de leur pays. Je passe une heure à jouer avec les niños Nana et Pipa. Pas besoin d’être bilingue, les jeux sont universels : cache-cache, loup y es-tu, … Jusqu’à ce que Pipa me demande une marque de dentifrice, et au moment où je dis « Colgate », il s’agrippe à moi comme un petit singe sur sa maman. [colgaté]signifiant « colles toi à moi » en espagnol, hahaha. Nous dormons dans l’endroit le plus insolite de notre voyage, là où ils font sécher le café !!

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Don Elias nous fait bien sûr visiter sa Finca et nous explique tous les secrets d’un bon café. Il fait pousser 2 sortes de café différentes, l’Arabica (le rouge) et le café de Colombie (le jaune), qu’il mélange ensuite. Il y a 2 récoltes par an, mais il faut enlever tous les jours des grains mûrs au risque que des vers s’y logent et rendent le café impropre. Les récoltes se font manuellement, aidés par la coopérative. Don Elias a fait le choix d’un café organique sans traitement. Il peut se le permettre car il n’est pas dans une région basse où les insecticides sont de mise. Lors des 3 premières années d’une exploitation, le café est de mauvaise qualité. Don Elias a lui, une finca de 18 ans, ce qui fait de son café l’un des plus qualitatifs de la communauté. Ses 1000 pieds lui assurent une production de 40 tonnes annuelles. Nous avons passés 3 jours hors du temps aux côtés de la famille de Don Elias. Délicieux souvenirs. Nous avons eu la chance de faire du cheval lors d’une randonnée, où le clou de la journée était une agua panela (boisson typique à base de canne à sucre et de café) devant des colibris, sous la pluie.

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On continue notre remontée vers le Nord. On est de plus en plus impatient d’être à la plage. Next destination : Manizales, afin de se faire une petite rando dans le parc Los Nevados. Pas de chance il y a une alerte, le volcan est en activité. On reste une nuit, on fait le tour rapidement de cette ville. La Colombie est tellement vallonnée qu’il y a souvent des téléphériques dans les villes. Délire.

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Nous voici à Médellin, 3ème plus grande ville de Colombie, fief de Pablo Escobar. Depuis la mort du narco-trafiquant, la ville a totalement changé. Ils ont investi dans l’urbanisme et la sécurité, ce qui rend la ville fort agréable. Nous visitons le centre, le jardin botanique (où nous croisons un iguane), les parcs et le musée Botero. Botero est un peintre sculpteur très connu en Colombie, et il a fait donation à sa ville de centaines d’œuvres, notamment les statues grand-format. Tous ces personnages sont gros, c’est sa marque de fabrique. Une anecdote que j’aime beaucoup : une bombe a été placée dans une de ses statues (un oiseau) sur une place bondée. Elle fit beaucoup de morts, donc beaucoup d’enfants. Il décida de refaire exactement le même oiseau et de le placer à côté de celui abîmé afin de dire «Les attentats n’atteignent pas l’art. Nous résistons au terrorisme. Nous voulons la paix ».

Sev

Copie de Copie de P1050818

 

 

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25 juillet 2013

DESDE TRUJILLO HASTA QUITO

 

Là maintenant, ça y’est c’est décidé, la randonnée c’est fini. Nous avons fait des semaines et des semaines de marche parmi les plus beaux paysages andins et en en avons vraiment profité alors maintenant, on range les chaussures de trekking et direction le Nord du Pérou jusque la frontière Equatorienne.

Objectif « Atteindre le sud de la Colombie le plus rapidement possible, ce sera notre dernière destination … »

Nous n’avons pas de grands projets pour ces deux prochaines semaines. Nous savons déjà que l’on va enchaîner des heures et des heures de bus mais surtout, on souhaite vraiment disposer d’un maximum de temps en terres colombiennes alors essayons de faire bon usage du peu de temps que nous passerons à chaque étape de cette envolée vers un pays qui a mauvaise réputation et ce parfaitement à tort mais cela donnera lieu à de prochains articles.

Nous quittons doucement Huaraz via un bus de nuit qui nous amènera jusque Trujillo. C’est une ville de la côté qui manque de charme comme c’est souvent le cas le long de la Panaméricaine. On traverse la classique « Plaza de Armas » au petit matin puis nous décidons d’aller directement au cœur sujet en se rendant vers les sites archéologiques qui se trouvent aux abords de la ville. C’est le vrai point fort de Trujillo et il faut passer par là uniquement pour les deux sites suivants : « La Huaca del Sol y de la Luna » et le temple de « Chan Chan ».

Copie de P1050552

 

Le premier est constitué de gigantesques constructions qui ont été au fil des siècles superposées les unes au-dessus les autres. Les travaux d’excavation permettent aujourd’hui d’identifier en un coup d’œil les différentes structures recouvertes par des milliers de briques de terres qui étaient utilisées à chaque fois que le temple précédent devait servir de fondation au nouvel édifice. On peut aussi voir de nombreuses peintures d’époque représentant les symboles de différentes ethnies ayant vécu sur place. Je vous passe les précisions sur les significations de tous ces motifs, les détails architecturaux  et autres légendes qui font de ce site un endroit facile d’accès et à ne rater sous aucun prétexte.

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Ensuite, c’est le temple de Chan Chan qui lui aussi est imposant par sa taille mais surtout par le gabarit de ses murs qui s’élèvent un peu partout entre ce qui est aujourd’hui  la Panaméricaine et l’Océan Atlantique. Une seule zone se visite mais la superficie totale couverte par les murs de Chan Chan laisse bouché bée lorsque vous regardez une vue aérienne de l’ensemble des ruines. Vous suivez tout un parcours qui vous indique comment était organisée à l’époque la vie des habitants de ces lieux mystiques. Il y a là un sens aigu du détail mais aussi de la répétition dans les sculptures décoratives qui ornent le bas des murs, les chambres mortuaires ou les lieux de réunions et de sacrifices. C’est absolument incroyable comme ces travaux minutieux ont pu être conservés, certes dans le cadre de multiples campagnes de conservation mais tout de même, durant des milliers d’années. Aujourd’hui, vous avez l’impression que ces endroits venus d’un autre monde ou d’une fiction du genre de la saga « Star Wars » été encore habités il y a 50 ans !!!

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Nous continuons le lendemain en direction de Cajamarca avec l’idée de nous rendre jusque le site de fantastique de Kuelap. Nous sommes là dans une région où les touristes se font rares et cela nous fait du bien car l’idée était aussi de trouver quelque chose d’un peu plus péruvien. Lorsque je suis venu par ici il y a maintenant 9 ans en compagnie de Jibe et Jerem, nous étions arrivés par le Nord. Les transports étaient parfois inexistants, les gens vous accueillaient chez eux et il ne fallait pas être trop regardant sur ce que vous trouviez pour vous alimenter. C’est toujours un peu le cas en ce qui concerne la nourriture mais au niveau des transports, les routes sont en bon état et les hostals sont présents aux endroits auxquels vous seriez susceptibles de vous arrêter. C’est devenu plus facile mais c’est toujours aussi peu visité par les étrangers et les sites reculés difficiles d’accès qui impliquent de consacrer un peu plus longtemps dans le coin sont nombreux. Nous avons donc  un certain regret quant au fait d’avoir traversé un peu trop vite cette région où les paysages valent la peine, les gens sont profondément aimables et vous vous sentez un peu comme « perdu au milieu de nulle part », la sensation très recherchée de ceux qui s’aventurent en dehors des sentiers battus.

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Cajamarca est une ville qui a du caractère, on se balade à travers les églises et monastères dispersés un peu partout au milieu des maisons coloniales et autres miradors. C’est très agréable de déambuler dans les rues, de se perdre entre le musée qui aura retenu votre attention et le marché où les cuisinières vous installent sur l’unique table de leur « restaurant - échoppe » pour un bon repas à moins de 3 euros en compagnie de quelques locaux qui parfois oseront engager la conversation, parfois non. Nous avons également eu l’occasion de visiter d’autres ruines en dehors de la ville. Toujours ce travail de la pierre qui permettait de faire les canaux d’irrigation, les outils et ustensiles, les maisons, les murs et toutes les sculptures sacrées qui aujourd’hui règnent dans les musées comme les dieux de tout un monde ayant existé en d’autres temps.

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Nous arrivons jusqu’à un petit village ou nous prendrons certainement la chambre sommaire de tout le voyage, ça ne fait pas de mal de temps en temps et c’est bon pour le porte-monnaie. C’est ici que nous ferons une petite marche de 3 heures pour atteindre la forteresse de Kuelap. Immenses remparts de pierres perchées à plus de 3000 mètres d’altitude où sont recensées plus de 400 maisons elles aussi construites presque entièrement en pierre. Véritable site archéologique de première importance dans l’histoire de la culture Chachapoyas, nous visitons ces lieux sous une fine brume et au beau milieu d’une végétation luxuriante qui s’impose aujourd’hui  à ces ruines chargées d’histoires d’envahisseurs et de guerriers taillés comme des rocs. Au même titre que mon 3ème passage au Machu Picchu il y a quelques semaines, je me sens profondément chanceux de pouvoir contempler un tel endroit une deuxième fois en moins de dix ans. C’est tout simplement merveilleux !!! La descente sous la pluie est fort moins agréable mais ça aussi, ça fait partie du programme de celui qui veut voir le monde.

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L’étape suivante est la ville de Chiclayo qui elle non plus ne présente aucun intérêt hormis un musée apparemment fameux mais dont nous apprendrons trop tard qu’il est fermé le lundi. Nous voilà dans une ville qui ne nous intéresse pas mais où il faut attendre des heures parce que le bus en direction de Guayaquil - Equateur ne partira que cette nuit. C’est impératif, il nous faut un café qui a le WIFI. On trouve notre bonheur assez vite et en plus, ils font des gâteaux délicieux.

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Maintenant il faut enchaîner, on quitte Chiclayo puis on arrive à Guayaquil le lendemain matin. Nous voilà maintenant dans la deuxième plus grande ville d’Equateur. Que va-t-on faire ? Entrer en ville et essayer de tuer le temps ? Eh bien non, il est 7h30 du matin et un bus part dans 2 heures pour la capitale Quito où nous serons vers 18h. Allez hop, c’est parti on enchaîne en faisant mine de ne pas calculer que c’est un trajet total de 24 heures en bus en étant parti hier et ce sans oublier tous les trajets déjà effectués durant les 4 derniers jours. On veut vraiment y arriver vite en Colombie !!!

Quito, la ville où tout aura commencé pour moi et ce lien merveilleux que j’ai avec l’Amérique du Sud. C’est là que je suis arrivé en Août 2000 sans savoir parler Espagnol, avec le sac que mon père avait utilisé lors de son passage à l’armée dans les années 60’ et en me demandant ce qui m’attendait à l’autre bout du monde. Aujourd’hui, c’est en parfait pratiquant de cette langue merveilleuse et avec tout l’attirail du voyageur averti que je débarque dans la ville d’Osvaldo Guayasamin. Je me permets de citer l’artiste parce que ce fût une découverte pour nous deux et nous avons beaucoup aimé. C’est un genre de Pablo Neruda qui prenait le café avec Fidel Castro et réalisait des œuvres variées pour dénoncer la misère de notre monde et l’injustice envers les femmes et les enfants. Très engagé, plusieurs fois mariés, homme aux nombreuses relations avec les hommes influents de son époque, entouré par de nombreuses fondations, il est décédé en 1999 et vous pouvez aujourd’hui vous rendre au musée qui porte son nom et recense ses plus grandes œuvres, le tout juxtaposé à son immense propriété sur les hauteurs de Quito dans laquelle vous découvrez l’univers de ce personnage atypique.

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Le soir, nous avons rendez-vous avec Thierry qui vit à Quito depuis plus de 15 ans et qui m’avait accueilli chez lui lors de mon arrivée en catastrophe la première fois. Donc nous nous sommes vus en tout et pour tout à deux reprises en 13 ans. Il n’a pas changé, le même. Dans différents projets, actif professionnellement, culture générale très affutée, connaisseur des mécanismes politiques sud-américains et toujours aussi heureux d’habiter l’Equateur. Il nous emmène dans un endroit bien à la mode et nous avons un peu l’air bête avec nos pantalons de randonneurs descendus de leur refuge. J’ai réussi à mettre une chemise et j’ai même mis du déo, c’est Séverine qui devrait être contente !!! On passe un excellent moment et deux bouteilles plus tard d’un délicieux mousseux rosé (c’est fini les bières blondes sans saveur quand vous êtes entre les mains de Thierry et sa grande générosité), on doit malheureusement s’en aller chacun de son côté, lui vers un vernissage bien trop chic pour nos looks de « mochileros » (baroudeurs) et nous vers notre hostal bon marché dans le quartier des bars à touristes. C’est drôle comme on peut ne voir les gens qu’à des occasions rarissimes et sentir que tout est comme si on se côtoyait régulièrement. Thierry est un peu comme l’ami à l’autre bout du monde avec qui je n’échange même pas une fois par an mais dont je sais que je peux prévenir n’importe quand de mon arrivée et qui sera présent. La honte, nous n’avons même pas pris une photo tous ensemble, ce n’est pas grave on reviendra dans 8 ou 10 ans !!!

Maintenant, on fonce vers la Colombie. Comme je vous le disais, la dernière étape de notre voyage. Nous sommes très impatients. Le budget de notre périple est déjà sérieusement entamé mais on devrait pouvoir s’en sortir. A nous les tongues, la région des producteurs de café, les plages de la côte Caraïbes, la merveilleuse Carthagène et les hamacs …

A bientôt,

Piwi

 

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 De Guyasamin : Je pleurais car je n'avais pas de chaussures, jusqu'à ce que je vis un enfant qui n'avait pas de pieds...

 

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03 juillet 2013

HUAYHUASH ou OUAICH OUAICH

- Bon mon chéri, on a fait nos sacs. On a tout le matos classique de rando pour la pluie, le soleil, le froid. On a la bouffe pour 8 jours. Est-ce qu’il nous faut quelque chose de spécial ?

- Je pense qu’on est prêt. On est acclimaté. Ce qui n’était pas le cas avec Max lors de notre ascension au Nevado Tres Cruces !

- C’est clair ! Les maux de tête qu’on a eu !! On m’a trouvé des chaussures de loc, car les miennes étaient mortes.

- Oui t’auras mal aux pieds les premiers jours, mais au moins tu ne glisseras plus ! De mon côté, je n’ai pas mangé de fruits de mer. On va éviter les allergies avant de partir !

- Oh la la, comment t’étais tout gonflé ! Dans le même genre, on ne s’est pas pris de cuite la veille de marcher, c’est mieux !

- C’est vrai qu’on a souffert pendant les 2 heures de marche, le lendemain du resto Indio Feliz !  Aie aie aie ! On s’est acheté une carte topographique avec le tracé imprimé. On a appris à les lire, donc on ne devrait pas se perdre cette fois !

- Oui et on va tenter de ne pas la paumer comme à Condoriri ! Bon, on a checké la météo, enfin comme on a pu…

- J’espère qu’on n’aura pas de brume et de pluie comme à Choquequirao. C’était vraiment horrible ! Oh et on va faire attention à ne pas laisser nos sacs de bouffe en dehors de la tente.

- Sinon les animaux vont encore nous les piquer ! On évitera aussi de prendre des raccourcis !

- C’est clair. Tu m’as fait flipper quand tu as décroché à Cotahuasi ! Important également : on va prendre le minimum de minimum.

- Plus question de se charger comme à Choquequirao ! Là, on est sans mules ! Mais on se prend quand même une petite plaque de chocolat ?!

- allez ce sera notre petit plaisir du soir ! Et ben, je pense que y’a pas photo : on est paré pour le Huayhuash !!

 

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Vous l’avez compris, il s’agissait d’être bien préparé pour cette rando ! D’1, parce qu’on avait manqué de préparation et de chance lors des précédentes randonnées au Pérou. De 2, parce que ce sera certainement la dernière vraie rando de notre périple et qu’on veut garder un bon souvenir. Et de 3, parce que 8 jours consécutifs de trek, ce n’est pas rien !! 

 

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Et bien, ce fut plus que réussi. Nous avons passé une semaine dans une cordillère de rêve !! Nous avons crapahuté au milieu de pics enneigés, de moraines bleutées, de lagunes glaciaires bleues turquoise, … Tous les jours nous oscillions entre 4000 et 5000 mètres (je rappelle que le Mont Blanc est à 4800m…). Nous faisons le tour de la cordillère Huayhuash, ou « Ouaich Ouaich » pour les intimes, en gravissant bien souvent 1000 mètres de dénivelés positifs par jour, et en atteignant à chaque fois des cols avec de très belles vues !

Le moment le plus magique fut, selon moi, la 2ème journée, où nous avons passé les 3 lagunes. 2 lagunes glaciaires bleues turquoise, et un lac d’altitude bleu marine au milieu. Ouaich Ouaich. Nous avons posé nos fesses face à la première lagune glaciaire et son glacier. Le glacier craque, se fend, et toutes les 5 minutes, un énorme bloc de glace cède et dévale la pente en un torrent de neige, dès fois jusqu’au lac. C’est absolument divin. On pourrait rester des heures.

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On a aussi adoré l’ascension qui se termine au col en dessous du glacier XX et face à une chaine de pics enneigés. Piwi, le courageux, a même poussé le vice à gravir le cerro San Antonio (3 heures de plus) afin d’avoir une vue encore plus belle sur cette chaine montagneuse. Un chouette moment aussi fut le lever du soleil et ses magnifiques lueurs sur les 4 glaciers et le lac, alors que notre tente leur faisait face du haut d’une colline.

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Petite parenthèse sur le site archéologique de Chavin de Huantar. Nous l’avons visité la veille du trek. Premiers sur le site à 9h, nous avons pu bénéficier pleinement du site et du musée de cette civilisation pré-inca. Le peuple Chavin était spécialiste en sculpture, et avait orné son temple de plus de 300 têtes sculptées, un peu comme des gargouilles. Nous avons pu visiter le labyrinthe souterrain jusqu’à la statue principale. On a adoré.

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Je reviens à la rando. A part une journée bien venteuse, des levers un peu glacés et des nuages en journée, nous avons considéré la météo comme clémente. Le matin le plus glacé, environ 2 degrés, nous avons fait les dingues et nous nous sommes mis en maillot de bain… pour nous baigner dans les eaux thermales à 39 degrés ! Ouaich Ouaich !! La piscine était rien que pour nous deux, fumante, au milieu de la brume glacée du matin.

Le seul hic de la rando fut le prix. En effet, les 4 communautés présentent dans la cordillère ne se mettent pas d’accord pour créer un parc national, avec une admission unique. Au lieu de ça, elles réglementent leur propre territoire en chargeant les touristes à chaque passage de « frontière ». Nous paierons donc à 10 villages au total 300 soles, soit 100 euros par personne. Et cela ne fait qu’augmenter d’année en année puisque les communautés font ce qu’elles veulent. Et oui, ici on paye pour marcher au milieu de la nature et voir des paysages… C’est ainsi.

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Nous pouvons être très fiers de nous, car nous avons fait ce trek de 8 jours en portant tout notre matériel et toute la nourriture. Tous les groupes rencontrés utilisaient les services d’un guide, d’un cuisinier, d’un muletier et de 5 à 10 mules !! C’est d’ailleurs rigolo de voir comme des habitudes se sont installées dans notre petite équipe. C’est toujours Piwi qui monte la tente en arrivant. Séverine qui fait le thé du 4h. On alterne pour la préparation du succulent repas (pâte ou riz ou nouilles chinoises…). C’est Séverine qui se lève en premier et prépare le thé. Et c’est Piwi qui range la tente. On a même plus besoin de se parler, on est chacun à notre poste !! Ouaich Ouaich !

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Est-ce que vous savez ce qui fait avancer un randonneur pendant 8 jours de trek bien physique?? Le premier repas qu’il se fera quand il sera en ville !! Et là c’est simple, Patrick, le restaurateur de l’Indio Féliz nous a conseillé un autre Patrick français qui tient une crêperie. On mangera finalement 2 soirs consécutifs chez lui à se régaler de crêpes, de bonnes viandes, de liqueurs de framboises et à discuter de la position du Pérou !! Ahhh ça valait le coup de marcher !!

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Mais j’arrête le blabla, filez voir l’album photo, les photos parlent d’elles-mêmes ! Ouaich Ouaich !!! 

 

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01 juillet 2013

Les lignes de Nazca et un tour dans l'intérieur vers Ayacucho

Pour se remettre de nos émotions, nous décidons d’emprunter une route peu fréquentée par les touristes en mode « tranquille ». Mais qu’est ce que le mode « tranquille » pour Sev et Piwi ?? Ça veut dire prendre des bus de jour plutôt que de nuit, et on en profite pour regarder les paysages magnifiques. Ça veut dire se balader dans les villes à pied, mais on ça dure quand même 4 heures et on se monte des miradors ! C’est manger au mercado central pour 5 soles par personne (1,5€). C’est prendre une chambre avec télé et connexion internet et alterner blog, email et films. Ça veut dire passer par des agences plutôt que de tout organiser par nous-même. Bref, vous l’avez compris, on ne peut pas vraiment s’arrêter, mais on ralenti du moins!! ;)

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Je me demandais où nous serions le 6 juin. Et oui, c’est l’anniversaire de Piwi, et le cadeau dépendait du lieu… Et bien, chance, le 6 juin, nous sommes à Nazca. J’ai donc le plaisir d’offrir à Piwi son vol en « avionetta » au-dessus des lignes de Nazca ! Pour info, le peuple nasca habitait dans un désert, et maitrisait parfaitement l’irrigation. Ces lignes connues mondialement, représentent un singe, un astronaute, un colibri, un perroquet, etc ; mais le mystère reste entier concernant leur sens. Pour être honnête avec vous, il n’est pas évident de voir les formes de la haut, et il faut les capter rapidement. Le vol dure 30 minutes et le pilote penche constamment à droite puis à gauche afin que les 4 passagers puissent voir toutes les figures depuis leur fenêtre. Piwi a l’habitude des vols chahutés, grâce au parachutisme, mais ce n’était pas mon cas… J’étais donc partagée quand le pilote a annoncé qu’il offrait généreusement le survol de 3 figures supplémentaires comme cadeau d’anniversaire ! Nan franchement, nous avons été des grands privilégiés de survoler ce lieu extraordinaire !!

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Nous entamons donc une boucle dans l’intérieur du pays. Cette région était très dangereuse jusqu’aux années 80 car elle y hébergeait le Sentier Lumineux, les troupes rebelles. Maintenant ce n'est plus le cas et le gouvernement fait des efforts pour rendre la région accessible et touristique. Nous profitons donc de la ville coloniale d’Ayacucho et ses 33 églises (comme le nouvel âge de Piwi !!). Nous passons notre temps à manger au mercado central avec les locaux et à gouter les délicieux jus de fruits. Nous surprenons une partie de volley féminin en pleine rue. Quel plaisir de voir un de mes sports préférés autant pratiqué ici. Nous ne pouvons passer à côté du site archéologique de Huari, toujours actuellement en fouille.

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Nous décollons ensuite pour Huancavelica en combi, les petits vans où s’entassent 12 personnes. Nous avons toujours notre jeu de yam pour patienter entre les différents transports. Les pages du carnet sont noircies de scores ! La route est absolument divine. A ce moment, je n’ai qu’une seule envie : randonner dans ces lieux ! Non, Séverine, c’est repos !!  Nous passons un col enneigé, des prairies verdoyantes, des lagunes et des montagnes de toutes les couleurs. A Huancavelica, nous achetons direct notre billet de train. Et oui, notre but était d’emprunter ce petit train de montagne comme il y en a peu ! Et nous avons bien fait, la route est terrible. La voie sillonne dans le bas du canyon, à côté du rio, en empruntant des tunnels et des ponts.  On en prend pleins les mirettes, tout en prenant plaisir à discuter de notre retour en France. Organisateur un jour, organisateur toujours !!

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Arrivés à Hancayo, nous participons au circuit touristique « traditionnel ». Nous sommes dans une région très artisanale, et nous découvrons le travail de la laine de lamas et alpacas, la fabrication de fromage, l’orfèvrerie en argent, la pisciculture de truites arc-en-ciel, … Piwi nous fait une belle frayeur en ayant une chute de tension au petit matin. Une bonne truite et des petits chocolats le remettent d’aplomb. La laine est colorée naturellement ; et notamment en rouge grâce à la même chenille qui est utilisée pour les rouges à lèvre. Si si mesdames ! Bon, en termes de fromage, ils ont encore du chemin à parcourir pour concurrencer les français, mais la glace au lait de ferme se défend !

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Ca y’est la semaine de repos se termine. Nous avons profité d’un très joli arrière-pays que peu de gens connaissent, tout en reprenant des forces. La shkoumoune est derrière nous. Et devant nous, Huaraz et ses cordillères…

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29 juin 2013

RANDONNEE DANS LE CANYON DE COTAHUASI

Nous venons à peine de finir les différents circuits de rando que nous avions choisi dans la région de Cuzco que nous décidons de repartir de plus belle pour la région d’Arequipa où la marche est aussi une activité très répandue.

La ville est entourée de montagnes sur lesquelles sont proposées les ascensions par un peu toutes les agences du coin, on y retrouve un petit air de La Paz où tout le monde est guide de haute montagne !!! Pour nous, ce ne sera pas à coup de crampons ni de piolets cette fois-ci mais bel et bien avec chaussures de rando et nos sacs à dos moins chargés que la dernière fois.

Au détour de l’alliance française et de ses vrais croissants, on prépare tout doucement le départ. Nous étions prêts à partir dans la foulée de notre arrivée mais tous les bus étaient pleins alors retour en ville pour une nuit de plus. On en profite pour faire la visite du monastère Santa Teresa où nous sommes absolument seuls (tout le monde va à l’autre monastère Santa Catalina) et accompagnés d’une jeune guide ayant étudié le français qui nous offre donc toutes les explications dans notre langue natale.

 

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Arequipa est une ville qui a beaucoup grandi, elle est la deuxième agglomération du pays. Elle est aussi mieux organisée, quelques feux de circulation permettent de réguler un peu mieux le trafic et les rues sont plus propres qu’ailleurs. Avec le développement économique, les grandes enseignes, les casinos, les dizaines de magasins de téléphone portable mais aussi une certaine forme d’occidentalisation prennent place. Toujours ces restaurants de la « Plaza de Armas » où on vient vous chercher jusque sur le trottoir pour vous vendre le menu touristique, les vendeurs ambulants qui vendent tous les mêmes choses, la symphonie du klaxon en « fa mineur » à tous les coins de rue … Tous ces aspects de la vie des agglomérations sud-américaines qui parfois vous enchantent mais peuvent également vous irriter dans le sens contraire du poil !!! Cela dépend de vos humeurs et de votre état de fatigue.

Nous partons enfin pour Cotahuasi. Au passage, il est presque inutile de chercher depuis Arequipa des infos sur les temps ou les itinéraires de marche. Les touristes se concentrent à 95 % sur le Canyon de Colca et la très célèbre Cruz del Condor. Nous partons donc avec dans la poche un pti papier qui nous permettra de contacter un certain Pépé Anculle qui connaît parfaitement le coin, les guides locaux et tout ce dont nous aurons besoin. Le trajet de nuit est horrible : départ en retard, sièges des plus inconfortables, arrêts permanents pour des marchandises et de nouveaux passagers qui resteront debout dans l’allée centrale etc etc … Au final, 2 nouvelles heures de retard et Pépé Anculle qui nous attends au milieu de la nuit pour nous installer dans une chambre en carton où il vaudrait mieux qu’on réussisse à dormir  un peu avant le départ pour les montagnes.

Vers 8h30, nous rencontrons Rober (j’insiste sur la non présence du « T » final) qui nous accompagneras sur la première partie de notre itinéraire où les chemins se multiplient et sont parfois délicats. Il prendra un cheval au cas où nous souhaiterions nous libérer de nos sacs de rando mais hors de question, ça fait partie du jeu alors on porte. Pour le reste de l’itinéraire, on prévoit de faire par nous-même tout en sachant qu’il reste libre car les possibilités sont multiples par ici. Je ne vais volontairement pas aller au détail de chaque paysage de cette randonnée ni suivre le déroulement précis de chaque journée de peur que les récits ne se ressemblent et puissent venir à bout de la curiosité de nos chers lecteurs.

 

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On quitte Cotahuasi dans un pti bus pour aller se baigner dans des eaux thermales qui se trouvent en bordure de la rivière. Eau chaude sous le soleil, une très bonne manière d’oublier la nuit précédente. Nous prendrons ensuite un autre transport où le papy du coin assis à côté de moi n’aura cessé de me questionner sur absolument tout. Depuis les textiles qui composent les vêtements que nous portons jusque notre état de santé et les animaux que nous mangeons. Nous arrivons au milieu des montagnes où nous installerons la tente sur le bord de la place centrale du village qui accueillera cette première  nuit. Je vous laisse imaginer les multiples conversations avec ces habitants d’un  endroit où les touristes sont rares.

 

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« Comment cuisinez-vous ???  Avec ça en désignant le réchaud et la cartouche de gaz d’un œil horrifié … Comment peut-on préparer un repas avec ça ? Mais si vous dormez là dehors dans la tente, vous allez avoir froid ».  Et j’en passe sur les histoires de nom de famille, le salaire des  chauffeurs de bus, le goût du maïs et le prix du billet d’avion entre La France et le Pérou …

Les enfants jouent aux billes autour de nous, les derniers paysans traversent la place avec leurs animaux jusqu’à la nuit tombée et nous terminons une incontournable partie de YAM avant de nous coucher. Le lendemain, pas de Rober. Il devait déjà venir la veille voir si tout allait bien !!! On s’inquiète un peu mais surtout, il fait un froid de canard. Tant pis pour lui, la manière locale de faire appeler les gens, c’est un message au micro à travers toute la ville. Sa femme débarquera 5 minutes plus tard comme si de rien n’était et lui nous dira qu’il était parti chercher des chevaux dans la montagne. Il faut savoir exprimer la façon dont on pense les choses mais ne pas trop s’énerver, ce n’est pas dans les habitudes locales !!!

 

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La rando commence sérieusement avec une montée qui se terminera dans le sable, étrange à plus de 4000 mètres d’altitude. On fait le tour d’un sanctuaire tout en pierre qui est comme déposé sur un plateau offrant une vue à 360 degrés sur toutes les vallées qui nous entourent. Panorama à couper le souffle. Certains rochers prennent des formes aux arrondies surprenants. Nous poursuivons le long d’un chemin où la terre devient de plus en plus rouge, d’autres formations rocheuses improbables s’invitent au paysage avant que nous entamions la descente vers le canyon que nous suivrons demain. Les chaussures de Sev commencent à poser problème, elles sont vieilles et lui causent de sérieux problèmes sur les chemins de descente. Cette fois-ci, c’est dans le jardin d’une école que nous installerons notre « maison », un jardin où les cochons viennent se balader et renifler tout ce que nous pourrions laisser.

 

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Au petit matin, le froid est encore de la partie. Il nous faut encore descendre jusque dans le fond du Canyon et Sev doit faire trop attention à ne pas tomber pour vraiment profiter du paysage. Ça commence à devenir un vrai souci, c’est mieux dans la montée de l’autre côté de la rivière mais nous voilà maintenant entrain de longer le flan des montagnes. Le chemin est très étroit mais surtout accidenté à plusieurs endroits où les ravins vous emportent dans une chute fatale.

 

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Après plusieurs heures de paysages magnifiques sur le dessus du canyon, nous arrivons vers 13h sur la place du village où nous laisserons notre guide après une bonne bière fraîche bien méritée. On s’installera sur le bord du terrain de foot pendant l’entraînement des jeunes du coin. Là on sent qu’on est crevé quand même alors après une tentative loupée pour atteindre des eaux thermales, on décide de changer nos plans. On fera une petite pause avant de poursuivre la marche. Après une nuit confortable sur le reste de pelouse du terrain de foot, on fait tout de même l’aller-retour vers le « jardin de pierres ». Un peu plus d’une heure pour arriver sur ce site incroyable où les roches  ont comme poussé au milieu de nulle part. Elles sont blanches et dénotent vraiment des couleurs qui nous entourent, elles forment des genres de pics qui semblent tous prêts à s’envoler vers le ciel, elles sont là où nul ne pouvait s’imaginer pouvoir les contempler … C’est un spectacle merveilleux qui sera notre récompense pour avoir encore une fois gravit les montagnes.

 

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Retour à Cotahuasi par le bus pour une nuit dans un vrai lit. On n’arrive pas à décrocher totalement de notre ambiance de trekking alors on cuisine dans la chambre avec le réchaud. Le lendemain, on reprend un bus en direction d’une autre vallée mais cette fois pour aller voir des chutes d’eau. Une petite marche d’approche et nous voilà au bord de ce tonnerre rugissant formé par la rivière qui vient s’écraser contre les rochers. Encore une fois, quel spectacle !!! Nous risquons quelques photos au bord des chutes.

 

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Il faut maintenant repartir car nous avons quelques heures de marche avant d’arriver là où nous dormirons ce soir. Sev inspecte les alentours et monte un peu au-dessus de là où nous nous trouvons. Apparemment, il semble jouable de gagner un peu de temps !!! Mauvais décision, nous nous retrouvons vite dans un mur très difficile à franchir et recouvert de petites pierres friables qui n’offrent aucune stabilité. J’arrive à passer mais les choses deviennent très compliquées pour Sev et elle se retrouve bloquée le corps totalement collé à la paroi. Je suis juste au-dessus d’elle, je peux presque lui toucher la main et en l’espace d’un instant, elle décroche. Elle aura dévalé selon moi sur plus de 10 mètres et aura terminé sa chute sur une partie moins raide. J’ai vu beaucoup de choses défiler en une seconde et ce que je peux dire, c’est qu’elle aura gardé le contrôle de la chute et sans faire l’erreur la plus grave qui soit : tenter de se retourner car avec le sac à dos, ça aurait donné une interminable et incontrôlable roulade. N’imaginons pas le pire étant donné qu’elle s’en sort avec quelques égratignures et rien de plus mais tout de même, il arrive un moment où il faut admettre que nous faisons n’importe quoi et ce moment est arrivé.

 

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La suite de nos aventures dans le Cotahuasi se sera soldée par quelques heures de marche supplémentaire car même amochée par la chute et en boitillant, Sev décide de poursuivre. Après un champ de cactus magnifique et un soleil brûlant, nous arrivons au pied d’une montée permettant d’atteindre le village prévu. Nous nous y refusons car trop fatigués donc c’est le responsable d’un chantier dans le coin qui nous indiquera comment traverser la rivière et installer notre tente de l’autre côté. Ce sera une nuit exceptionnelle, sous le bruit de la rivière et également sous les étoiles.

 

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Comme prévu, nous prenons le bus très tôt le lendemain matin pour revenir à nouveau à Cotahuasi et enchaîner sur le retour jusqu’Arequipa. Ça fait beaucoup de bus tout ça mais c’est le prix à payer pour aller marcher en ces lieux restés pauvres en tourisme. On finira le séjour à Cotahuasi avec quelques pièces parce que dans le coin, c'est pas les distributeurs automatiques qui courent les rues. Mais c'était rigolo de calculer en centimes de " Nouveaux Soles Péruviens ".

 

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On décide de se rendre dans un restaurant recommandé pour ses excellents « Ceviche ». On mange jusque ne plus pouvoir rien avaler mais comme vous l’avez déjà appris dans l’article intitulé la Chkoumoune, j’ai fait une belle allergie à l’un des fruits de mer que nous avons mangé.

Etant donné qu'on considère ne pas avoir vu les condors de suffisamment près lors de notre passage en Bolivie mais aussi dan sle sud du Pérou, on fait tout de même une incursion dans le canyon de Colca en direction de la Cruz del Condor et là, on peut dire qu'on a était servi, et de près ...

 

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La vie d’un voyageur est faite d’un mélange de beaucoup d’expériences, heureuses et moins heureuses, de tous les genres de rencontre, de petits problèmes, d’émotions fortes mais aussi de moments plus inquiétants durant lesquels les choses peuvent mal se terminer. C’est ce que je retiendrai de cette partie du voyage et j’ajouterai que depuis cette mésaventure et suite à une certaine forme d’accumulation de petites galères, nous essayons d’être plus sages et avons fait le choix de pratiquer un voyage plus reposant. Reste à voir si on sait se tenir à carreau …

 

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16 juin 2013

CUZCO ET LA VALLEE SACREE

Ca y’est, nous passons une nouvelle frontière ! La Bolivie, que nous avons adorée, est derrière nous. Le Pérou est à nous pour 1,5 mois. Etant donné qu’on s’est fait super plaisir en Bolivie, le budget s’en ressent. Le programme sera donc randonnée et visite des sites incas ou pré-incas. Et oui, le Pérou est le berceau de la civilisation sud-américaine, ainsi que le centre de l’empire inca.

Alors commençons par la capitale inca : Cuzco !! Cuzco est la ville la plus touristique du pays pour 2 raisons : sa beauté et sa proximité avec le célèbre Muchu Pichu. Cette ville est absolument magnifique. Voilà la petite histoire. Les incas y avaient établi leur capitale depuis des centaines d’années, et avaient construits des temples à l’architecture très solide, tels que le temple du soleil et le fort Saccsayhaman. Les espagnols rusèrent en proposant un pacte avec l’Inca et investirent Cuzco. Ils pillèrent tous les temples de Cuzco en à peine 1 mois, ce qui équivaut à des tonnes d’or envoyées en Espagne. L’Inca comprit, se rebella, perdit une bonne partie de ses troupes et se replia dans les forêts tropicales environnantes. Jamais plus, les incas ne reprirent le pouvoir malgré plusieurs tentatives de révoltes. Les espagnols y installèrent leur première capitale, avant de la déplacer à Lima. Ils construisirent, comme à leur habitude, une place d’armes magnifique au centre, des églises, une cathédrale colossale et des maisons coloniales. Ils construisirent ces bâtiments en utilisant les pierres des temples incas, ou parfois directement au-dessus.  Un tremblement de terre dans les années 50 a malheureusement fait effondrer une majeure partie de la ville coloniale, mais a fait émerger les anciennes constructions incas, qui s’avéraient bien plus solides !!

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Les incas croyaient en le soleil, les astres, les montagnes, la Pachamama (c’est-à-dire la terre). Ils construisirent plusieurs temples dans la vallée attenante à Cuzco, nommée la Vallée sacrée. En vrac, on y trouve le temple de la Lune,  la magnifique ville en hauteur de Pisac et son temple du soleil, Ollantaytambo, des fontaines, etc. Un cocktail de bus, de taxi et surtout de marche nous a permis d’aller les visiter.

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Les incas étaient de fins ingénieurs. Grâce à leurs ancêtres Tiwanaku qui maîtrisaient l’irrigation, les incas mirent en place la technique de culture en terrasse. Ils s’aperçurent qu’en fonction de l’altitude, ils pouvaient cultiver différentes céréales, tubercules ou légumes. Le site de Moray, tout en rond, serait justement un laboratoire agronome.

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Pour atteindre le site du très célèbre Machu Pichu, nous avons fait un trek de 5-6 jours, puis nous sommes revenu sur Cuzco grâce aux transports publics et encore nos petits pieds, tout cela en conjuguant différents sites archéologiques. Si vous avez lu l’article « la Chkoumoune au Pérou », vous savez comment cette randonnée fut éprouvante. Heureusement, nous avons eu pleins de petits plaisirs. Le premier fut de visiter le site inca de Choquequirao dans la brume du matin, avec tout au plus 6 touristes. Ce site était comme mystique. Très très peu de monde le visite, car il faut faire 4 jours de randonnée assez difficile. Sachez qu’ils projettent de construire un téléphérique pour rendre le site accessible. Je vous laisse imaginer les hordes de touristes qui débarquent, les prix qui augmentent, etc. Sic.

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Le deuxième plaisir fut la nature. Bien que la moitié du temps, nous n’avons pas pu voir les paysages pour cause de nuages, nous avons vu des plantes violettes magnifiques (j’ai décidé de faire mon jardin en violet au retour !), des arbres dans la brume, dignes du seigneur des anneaux, des milliers de papillons et surtout une odeur de forêt tropicale super agréable. Nous en avons même profité pour piquer une tête dans le rio glacé.

 

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Et le troisième plaisir fut de rencontrer des gens adorables. Les premiers furent Camille et Iain, un couple d’anglais venu pour un aller-retour de 4 jours à Choquequirao et qui nous ont finalement suivi pour 6 jours jusqu’au Machu Pichu. Les pauvres n’étaient pas forcément équipés (veste de pluie, polaire, nourriture) et ils ont eu quelques difficultés avec leur popote qui s’est juste renversée 3 fois (La chkoumoune arrive à tout le monde !!). Mais toujours ils gardaient le sourire! Leurs fou-rires dans le camion du retour restera un très bon souvenir : chacun assit sur un sac à patate, un sac de riz ou un pneu, sursautant à chaque ornière et Iain s’accrochant comme un singe de manière à passer sa tête hors du camion, à nous décrire les ravins qu’on frôlait et à baisser sa tête de justesse pour éviter de se faire décapiter par des branches !!!

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Puis nous avons fait la connaissance de Jérémy et Florian, 2 amis français, vivant l’un à New York, l’autre à Paris, qui se retrouvaient pour 2 semaines de vacances au Pérou. Nous avions contracté avec le même muletier, celui qui était bourré et qui n’a jamais pris la route !! On s’est donc retrouvé dans le même bateau jusqu’à la ville d’Agua Calientes, notamment les 2h30 de rando finale de nuit à suivre la voie ferrée... Arsh ! Du coup, le lendemain nous avons fêté cela autour d’un sympathique happy hour...

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Un des meilleurs moments du trip, fut le soir où nous n’avions pas nos sacs. Grâce à des flèches en bois ou en cailloux que nous laissions sur le chemin, nous avons tous les 6 réussi à se retrouver chez un certain Valentin. Le maître des lieux n’étant pas là, c’est mamita qui nous accueilli en quechua. Il faut imaginer une fermette sans électricité et une basse-cour incroyable. Nous voici donc à nous réchauffer autour d’un  feu crépitant, une marmite accrochée à la crémaillère, une bière à la main, des cochons d’inde grouillant partout, un chat sur les genoux, une biquette dans le dos, une chien passant sa tête par la porte et des vaches, des poulets, des cochons et des ânes nous attendant à l’extérieur !! Finalement, Julian, a remplacé le muletier bourré et est arrivé de nuit chez Valentin pour nous apporter nos sacs et tentes. Il a fait en 3h30 ce que nous avons fait en 7h ! Notre sauveur ! Nous n’avons pas à dormir sous des peaux de moutons !!

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Nous avons aussi fait la connaissance d’un français pas comme les autres. Cuisinier pour Alstom à la centrale électrique d’Agua Calientes, il a ensuite ouvert son restaurant français Indio Feliz au début de l’essor touristique du Machu Pichu. Agua Calientes est la ville sans charme en bas du Machu Pichu, où arrivent tous les touristes en train et quelques-uns à pied ; autant dire un passage obligé. Piwi a la bonne idée de nous offrir un bon resto en amoureux pour nous remettre de nos émotions. On se régale, et c’est peu de le dire. On bloque quand la serveuse nous demande la cuisson de la viande : ça fait plus de 3 mois qu’on mange des steaks trop cuits !! Le resto de Patrick cartonne, plus de 500 couverts par jour, il fait partie des 5 bons restos de la ville où passent quelques 1500 touristes par jour… Ce dernier nous prend d’amitié et nous offre verre de vin sur verre de vin, bières, cigarettes et même les tee-shirts à l’effigie de son resto. Cela donne une petite orgie plus qu’agréable, où Piwi retrouve ses bonnes habitudes!!!

Et le Machu Pichu ?? Je termine par ce site reconnu patrimoine mondial de l’UNESCO. Les incas l’auraient construit en tant que centre de recherches et d’études. Il était peu connu, même de l’Inca. Il fut construit en haut d’une montagne de manière à être caché de la vue d’en bas. Là encore les incas excellent en architecture. On note un temple du soleil, un temple du condor pour les morts, des cultures en terrasse, des habitations pour les nobles et des plus sommaires pour le peuple. Leur technique pour briser les roches est surprenante : ils glissent un bout de bois dans la roche et l’arrose jusqu’à ce que le bois gonfle et fissure la pierre !! Ingénieux !  Le site est vaste, super bien entretenu et bien sûr trèès touristique. Afin d’en profiter pleinement, nous montons jusqu’à un pic le surplombant, puis nous circulons dans le site à heure creuse. Sous le soleil, c’est vraiment magique. Et qui a la chance de le voir pour la troisième fois ??!! ;)

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